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Témoignages

Des Hauts de France au Togo : projet d’un chantier partagé

À Lille, des jeunes de Marck en Calaisis sont venus présenter leur projet devant le jury des dispositifs « Jeunesse et solidarité internationale » et « ville vie vacances et solidarité internationale ». Leur objectif : boucler leur budget pour partir à Aného, près de Lomé. Avec de jeunes Togolais, ils veulent partager un moment de vie et travailler sur un chantier de rénovation.

Accompagnés et soutenus par Gregory Kuchéjda, responsable jeunesse du centre social et culturel Jacques Yves Cousteau de Marck (Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France), Cassandra, Chloe, Emeline, Joy, Nicolas et Pauline expliquent qu’ils veulent contribuer à rénover le Lycée de Zébévi à Aného, au Togo. Désormais, ils ont hâte de rencontrer les jeunes Togolais avec qui ils vont travailler, qu’ils ont seulement pu joindre par messagerie interposée. En dehors des heures de chantier, ils ont prévu ensemble des visites culturelles et des veillées, et ils créeront aussi une fresque murale pour laisser une trace « artistique » de leur projet commun.


Les porteurs de projet de Marck accompagnés du responsable jeunesse du centre social et culturel Jacques-Yves Cousteau (Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France). Photo : Vincent Hamez pour le Fonjep, 2018.

La préparation : un défi à relever en équipe
Depuis plusieurs mois, aidés du centre social et culturel, ils préparent ce voyage qui doit durer 22 jours. Et ce n’est pas une mince affaire, comme en témoigne un participant : « au départ on a peur : on voit les moyens à regrouper, les démarches à faire… Mais on se rend compte qu’à force d’efforts, on y arrive ». Ils ont dû préciser le projet, construire un budget, trouver l’argent nécessaire pour partir, se former aux techniques de base du bâtiment, s’informer sur le pays d’accueil, et commencer à tisser des liens avec leurs futurs camarades de chantier togolais. Pour faire face, ils se sont serré les coudes. « Nous avons créé un beau lien, je ne m’attendais pas à autant de solidarité entre nous ». Pour Gregory Kuchéjda « l’énergie et l’investissement qu’ils ont mis dans ce projet sont bluffants. De quoi remettre en cause pas mal d’aprioris qui sont véhiculés sur ces jeunes ». Chemin faisant, les membres du groupe ont pris de l’assurance. Sur 20 jeunes entrés dans le projet dans des situations de vie et d’orientation professionnelle précaires, 80 % sont aujourd’hui en formation ou en emploi.

Rencontrer une autre culture : une motivation et un apprentissage
« On fait ce projet pour montrer qu’il est important d’aller au-delà des préjugés, d’aller vers l’inconnu, vers l’étranger », dit une jeune fille du groupe. Chez eux, à Marck, non loin de Calais où la « jungle » a laissé des traces, le projet n’a pas toujours été bien compris, et les discussions ont parfois été houleuses. « On a entendu beaucoup de choses. Mais nous on veut aller voir comment ça se passe en Afrique ». Les représentations des Français sur les Togolais (et inversement) c’était justement le thème d’un des modules de préparation auxquels les futurs voyageurs ont pu participer. Le parcours d’accompagnement a été notamment été proposé par le CDSI[1] de Boulogne-sur-Mer, spécialiste de la solidarité internationale et qui parraine le dossier présenté par le Centre social et culturel. Les membres du groupe ont aussi discuté à plusieurs reprises avec l’association Acadec Togo, qui est en lien avec le Lycée d’Aného. Ça les a notamment aidés à répondre aux questions de leurs familles, qui hésitent entre admiration et inquiétude, et qui ont besoin d’être informées et rassurées.

L’oral devant le jury se termine. La représentante du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les associations et le Fonjep les ont encouragés à mieux faire connaissance avec les jeunes togolais avant leur départ et leur ont donné de dernières recommandations en matière de sécurité. L’équipe repart mobilisée : pour récolter les derniers euros, elle doit encore terminer la préparation d’une soirée franco-togolaise, avec musique, spécialités culinaires, artisanat et danse africaine.

[1] Centre de documentation, d'information et d'animation pour le développement et la solidarité internationale.

Cet article a été rédigé à l'occasion d'un jury de l'été 2018

Direction le Cameroun, les pieds en l’air et la tête dans les étoiles !

Dans l’association Les Pieds en l’Air de Saint-André de la marche (Maine-et-Loire, en région Pays de la Loire), six jeunes adultes préparent leur départ au Cameroun. Avec des jeunes du territoire de Koutaba, ils ont prévu de faire des travaux pour créer la salle de manifestation socioculturelle du centre éducatif local, et de co-animer des activités socioculturelles pour des enfants.


Une partie de l’équipe de l’association Les Pieds en l’Air. Photo : Fonjep, 2018.

Les cinq pétillantes membres de l’association sont encore sous l’émotion de leur entretien avec le Jury des dispositifs « Jeunesse et solidarité internationale » et « ville vie vacances et solidarité internationale ». Elles communiquent leur enthousiasme pour le projet, parlent de leur envie d’apprendre et d’échanger.

Le plus important : découvrir et rencontrer
Alice, Amandine, Maïlys, Mélissa et Sandrine, mais aussi Jessy (absent ce jour-là), s’apprêtent à partir au Cameroun. Pour eux, qui sont âgés de 19 à 23 ans, ce sera le premier voyage hors d’Europe. « Nous avons tous effectué des voyages scolaires en Europe pendant notre scolarité, mais aucun de nous n’est jamais parti hors de l’Europe. C’est donc l’occasion de tenter l’expérience ». Le groupe a été constitué suite à un « appel aux jeunes » lancé par l’association dès avril 2017.

Pour l’association, le but est que les jeunes Ligériens et Camerounais partagent leur quotidien, échangent sur leur vision du monde, sur leur manière de faire et de vivre les choses. « Les projets communs sont des supports à l’objectif principal qu’est la rencontre de l’autre et de sa culture. Cette rencontre questionne, interpelle, surprend, amène à rire, casse des préjugés, nous remet en question... ça favorise la tolérance face aux différences. »

Créée en 2009, l’association a déjà mené ce type de projets au Pérou en 2014, et à Madagascar en 2016. Cette année, au Cameroun, de nombreuses découvertes attendent les 6 jeunes voyageurs parmi lesquelles les techniques et les matériaux de construction locaux sur le chantier, mais aussi la riche culture historique, artistique, sociale et linguistique du royaume Bamoun dans lequel est située la ville de Koutaba. Pour faire connaissance avec les jeunes Camerounais, ils vont loger tous ensemble dans une maison louée pour l’occasion, ce qui leur permettra aussi de préparer les animations qu’ils coanimeront l’après-midi pour les enfants.

Transmission et continuité
Au Cameroun, c’est l’association ADDERH[1] qui a lancé le projet et qui va recevoir le groupe de Français. Elle a été créée en 2013 par Ndassa Younchawou, alors chef de quartier. La même année, celui-ci rencontre deux Ligériens en mission de Volontariat de solidarité internationale (VSI). Ensemble ils contactent le Centre Social Indigo de la Communauté de communes Moine et Sèvre pour mettre en œuvre un Chantier jeunesse international (CJI). L‘association Les Pieds en L’Air s’est proposée pour porter le projet du côté français, soutenue par le centre social et parrainée par l’Association Concordia spécialisée dans les chantiers internationaux de bénévoles.

Cinq ans après, l’ADDERH et Les Pieds en l’Air s’engagent dans leur troisième action commune, et c’est le fruit d’un travail de transmission qui permet de mener des projets cohérents dans le temps. Les participants du chantier 2014 et 2016 (en France et au Cameroun) ont transmis leur expérience au groupe de 2018 en intervenant lors de rencontres, et même pour certains en s’investissant comme animateurs encadrants du projet, notamment du côté français. Plus globalement, ils communiquent sur les actions menées, par exemple en participant au Festival des solidarités internationales.

Pour le moment, l’équipe met les dernières pierres au projet : démarches administratives et sanitaires, communication sur les réseaux sociaux avec les Camerounais pour peaufiner le programme, et… prise en main d’un carnet de route individuel pour tromper l’impatience en attendant le grand départ !

 

[1] Association pour le Développement Durable des Ressources Humaines

Cet article a été rédigé à l'occasion d'un jury de l'été 2018

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